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En tant qu’investisseur ou investisseuse, sur quels critères se baser avant de parier sur des associations qui fonctionnent ? La question n’est pas facile. Il suffit parfois d’un rien pour passer d’une aventure entrepreneuriale à succès à une histoire de brouilles et de disputes ! Et c’est encore plus vrai lorsque l’on sait que 65 % des échecs entrepreneuriaux proviennent d’une incompatibilité entre associés… La preuve par l’exemple avec deux associations, l’une qui a fonctionné et fonctionne encore et l’autre qui n’a pas tenu dans la durée. Deux histoires riches en enseignements pour les investisseurs…

Michel et Augustin, la complémentarité comme garantie de succès

L’histoire de Michel et Augustin commence sur les bancs de l’ESCP. En 2003, ils collaborent une première fois et consacrent 6 mois de leur temps à rédiger ensemble le Guide des Boulangeries de Paris. Un déclic : près de 12 000 exemplaires vendus, la révélation d’une réelle complicité et la découverte d’une complémentarité bénéfique… Bref, les deux sont work-compatibles.

C’est un an plus tard, en 2004, qu’Augustin et Michel, les entrepreneurs, lancent Michel et Augustin, la marque. Ils bouleversent les codes de la communication en s’appropriant les réseaux sociaux. Ils challengent la concurrence et deviennent rapidement une référence de leur secteur. Une véritable success story entrepreneuriale, qui doit autant au talent des deux comparses qu’à leur capacité à travailler ensemble. C’est cette capacité à collaborer qu’un investisseur ou une investisseuse doit regarder en premier au moment d’étudier une entreprise.

Comme l’affirmait Michel à Entr’UP en juin 2016, « l’important dans une association, c’est la confiance que les associés ont l’un envers l’autre et la répartition des tâches pour garantir la complémentarité et l’égalité des associés » !

[su_box title= »Plusieurs facteurs de réussite… » box_color= »#8F14A3″]Plusieurs facteurs expliquent la réussite de l’association entrepreneuriale de Michel et Augustin :

  • Une même vision à long terme de leur entreprise et de là où elle doit les emmener ;
  • Une confiance mutuelle : personne ne soupçonnant l’autre, par exemple, de vouloir revendre ses parts à un grand groupe un peu gourmand (!) ;
  • Une créativité exacerbée combinée à une volonté partagée de casser les codes et de s’adresser différemment aux consommateurs. Bien souvent plus facile à dire qu’à faire !
  • Des valeurs partagées, qui font la spécificité de Michel et Augustin, tant dans les produits partagés que dans les « petits plus » accordés aux collaborateurs.

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L’incompatibilité : des valeurs divergentes qui conduisent à l’échec

Si l’exemple de la compatibilité de Michel et Augustin n’est pas parfait, il est intéressant à plusieurs titres. Loin de nous l’idée de le comparer au retour d’expérience de Pierre*, qui revient avec nous sur ce qui peut provoquer l’échec d’une association. Ces sources d’incompatibilité dans le travail sont autant d’informations précieuses pour les investisseurs au moment de réfléchir à la due intelligence !

Des problèmes de communication

« Une connaissance professionnelle travaillait sur un projet de connectivité des véhicules, raconte-t-il. Il était à la recherche d’associés et me proposait alors le poste de business developer. » Pierre rejoint alors une équipe déjà composée de 6 associés. Les premiers problèmes de communication apparaissent vite aux yeux de notre témoin : chaque associé se positionne en tant qu’individu durant le montage de la startup, et non comme faisant partie d’une team : « Il n’y avait pas de cohésion, se souvient-il. La négociation avec le CEO se faisait individuellement. »

Des règles de fonctionnement floues

Les associés ne partagent pas non plus la même conception du projet entrepreneurial. Tout se passe à l’oral, rien n’est écrit et les règles de fonctionnement sont au mieux tacites, au pire inexistantes. « Nous étions 6 associés autour d’une table, dans une situation où il y a des diktats, rien de fondamentalement écrit sur les règles de vie ensemble. » Ce qui a, là encore, des conséquences sur la communication entre associés : « Je voulais tout mettre sur la table pour éviter d’être pollué par l’interne, pour moi c’était un basique qu’on trouve dans le montage d’une équipe, explique-t-il. Alors que là, on a été pris de manière individuelle et on n’a pas eu l’occasion d’échanger tous ensemble sur les problématiques que l’on pouvait rencontrer. »

Des valeurs trop différentes

Et si, globalement, la raison n’était pas tout simplement que les valeurs, ce « socle » fondateur de la réussite d’un projet entrepreneurial, n’étaient pas les mêmes pour tous les associés ? « On travaillait 50 à 70 heures par semaine dans le montage de cette startup. Honnêtement, je n’avais plus envie de travailler avec une personne qui n’avait pas les mêmes valeurs que moi. Pour mon associé (le CEO), l’entreprise c’est la guerre, il fallait détruire l’ennemi, c’est-à-dire nos concurrents. À mon sens, on ne se focalisait pas sur les mêmes choses. L’énergie qui était consacrée à regarder la concurrence n’était pas dédiée à la compréhension de nos différents clients. » Car Pierre souhaitait, lui, se focaliser sur le service, le produit et le client plutôt que de trop mettre l’accent sur la concurrence. Une différence qui aura raison de sa motivation… Et qui signera l’arrêt de la collaboration.

Valeurs, règles, communication, envies… En tant qu’investisseur ou investisseuse, vous devez chercher une réelle cohésion entre les associés : ils doivent partager un socle commun afin de pouvoir travailler en bonne intelligence. La connexion entre associés se remarque à la présence de trois facteurs clés de réussite : la confiance, la compatibilité et la complémentarité. 

 

*le prénom a été changé.

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