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Dans un sondage réalisé en février 2012 auprès de 125 dirigeants parisiens, Benoît Galy demandait “selon vous, quel est le bénéfice principal de l’association ?”*. Pour 83% des personnes interrogées, c’est la complémentarité des compétences qui arrivait comme critère principal.

Alors oui, la complémentarité des compétences, c’est un moyen fantastique d’accélérer votre business : non seulement votre nouvelle expertise est un plus aux yeux de vos investisseurs mais votre productivité va grimper en flèche ! Pour autant, si la complémentarité des compétences est une conséquence espérée de l’association, attention à ne pas en faire l’unique cause pour laquelle s’associer !

La complémentarité des compétences, c’est bien

La complémentarité des compétences dans une équipe, c’est souvent un premier filtre de sélection. Elle permet, entre autres choses, de donner un coup de boost à votre activité puisque vous possédez immédiatement en interne les compétences nécessaires. Vous couvrez également un champs d’expertise plus large ce qui vous permet de croiser les points de vue et envisager les différentes possibilités plus simplement et plus rapidement. La complémentarité des compétences entre associés est également un bon moyen de répartir d’office les rôles et d’éviter ainsi de nombreux malentendus ou conflits de territoire.

En apparence, la complémentarité des compétences c’est donc LA recette magique pour avoir une équipe qui fonctionne. Raisonner en terme de complémentarité c’est raisonner de manière parfaitement cartésienne : un algorithme pourrait presque vous “matcher” avec l’associé idéal et vous auriez immédiatement une équipe du tonnerre prête à créer la prochaine licorne de l’écosystème startup français.

Et pourtant, posons-nous la question et démontrons par l’exemple par la même occasion : Les quatre gais lurons de l’Agence Tout Risques doivent-ils leur succès uniquement à la complémentarité de leurs compétences ? Ne devrions-nous pas plutôt parler d’alchimie parfaite entre leurs personnalités, par ailleurs complétée par des talents variés et pertinents vis-à-vis de leur corps de métier ?

Cette alchimie parfaite, c’est la compatibilité humaine.

La compatibilité des visions, c’est mieux

Si vous pensez que la compatibilité c’est une activité pratique permettant de répertorier l’activité économique et de faire l’inventaire de son patrimoine, vous avez les bonnes lettres mais pas le bon mot. La compatibilité, qu’est-ce que c’est ? C’est la cohérence, l’adéquation, qui existe entre deux porteurs de projets sur le plan humain. Chez Entr’UP nous parlons aussi de fit humain, parce que nous sommes des startuppers et qu’on ne peut pas s’empêcher de mettre des mots anglais dans toutes nos phrases.

En réalité, les échecs d’associations ne sont pas causés par un souci de compétences. Ils sont en majorité causés par une inadéquation sur le plan humain. C’est un conflit de valeurs, d’egos ou tout simplement de vision qui met fin à la plupart des associations. Alors la complémentarité oui, mais ce n’est pas ça qui déterminera le succès de votre projet, c’est l’humain ! Ah ! L’humain. Cette belle équation qui échappe totalement à la rationalité et la cohérence qu’est l’alchimie entre deux (ou plus) êtres humains. Parce qu’elle ne tient pas de la raison, parce qu’elle n’est ni quantifiable, ni calculable, nous avons tendance à effacer cet aspect des relations humaines de notre esprit. Ou à laisser le hasard décider. Ou pire ! Se fier à notre intuition seule. Or tout le monde sait que l’intuition est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser.

Cela étant, si aucun algorithme en lequel nous croyons ne nous permet aujourd’hui de vous matcher avec votre business soul mate, il existe des méthodes simples pour vous aider à savoir si vous et votre associés êtes destinés à monter une entreprise ensemble.

Comment savoir si mon associé et moi sommes compatibles ?

Scénario A : Vous avez rencontré un associé potentiel : vous avez pris deux-trois cafés, il a le profil idéal, ses compétences sont complémentaires aux vôtres et il croit dans votre projet. Vous envisagez l’association. Pas si vite ! Posez-moi ce stylo et ce pacte d’associés !

Scénario B : Vous connaissez votre associé potentiel depuis toujours. Vous avez grandi ensemble, vous avez fait les mêmes études, vous avez été aux scouts de France. Bref, vous le connaissez sur le bout des doigts. Mais le connaissez-vous en tant que business partner ? Eh oui ! 56% des personnes qui s’associent, s’associent en famille*, mais les unions n’en sont pas plus heureuses !

Avant d’aller plus loin, prenez le temps de vous regarder droit dans les yeux et d’évoquer ensemble votre vision, vos valeurs, ce qui est sacré pour vous, etc. Ce qui compte quand on s’associe avec quelqu’un, c’est de pouvoir co-construire la vision et les buts de l’entreprise. Alors soyez certains dès le départ que vous partagez les mêmes objectifs !

Voici quelques exemples de questions que vous pouvez vous poser :

  • Vendre l’entreprise ou la transmettre à ses enfants ?
  • Représenter l’entreprise publiquement ou être l’homme de l’ombre ?
  • Priorité à la boîte ou priorité à la famille ?
  • Se payer ou continuer à développer l’entreprise ?

Ces questions sont un bon moyen de commencer une discussion sur des bases saines. Après tout vous n’êtes pas obligés d’être d’accord sur tout, tant que vous connaissez votre associé potentiel, ses ambitions, et ses réserves, vous devriez déjà être capable de décider si vous êtes prêt à vous engager avec lui sur un même projet.  Une fois que tout est posé et que votre compatibilité est établie, nous vous souhaitons de vivre heureux et d’avoir plein de petits bénéfices !

Au final, privilégier la complémentarité à la compatibilité (essayez de dire cette phrase vite et à voix haute, vous allez rigoler), c’est ignorer ce que les échecs de milliers d’entrepreneurs nous ont appris. Certes, la compatibilité c’est une question de feeling, difficile de quantifier des interactions humaines qui dépendent du ressenti de chacun. Et pourtant ! Si chaque expérience est unique, de grandes tendances se dégagent : les enjeux et les écueils sont les mêmes. Alors autant partir sur des bases saines dès le début et clarifier sans tarder ce qui doit l’être, avec pour objectif ultime de construire une vision entrepreneuriale partagée.

Vous êtes convaincu et vous voulez approfondir la question ? Faites-nous un petit coucou !

*Source Bien s’associer pour mieux entreprendre, Benoît Galy, 2013, Leduc Editions. Si vous ne deviez lire qu’un livre sur l’association, lisez celui-là !

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